Bonne année du chien!

Le chien étant le meilleur ami de l’homme, 2018 est peut-être l’année pour reconsidérer l’exposition de son portefeuille au marché chinois

Cette semaine, la Chine s’apprête à fêter le passage à l’année du chien, et pour nombre de Chinois ce sera l’occasion de célébrer la nouvelle année en famille, de s’échanger des cadeaux et, de plus en plus, de voyager grâce à l’augmentation de leur pouvoir d’achat.

Pour nous Occidentaux, le nouvel an chinois se résume cependant encore souvent aux spectacles pyrotechniques de Hongkong ou de Shanghai, vus au journal télévisé, alors que pourtant, sans toujours nous en rendre compte, nous vivons de plus en plus au rythme de la Chine et de son économie.

Stabilisation de l’économie chinoise

En effet, bien que certains économistes aient plusieurs fois annoncé un atterrissage brutal de l’économie chinoise ces dix dernières années, le PIB nominal de la Chine a triplé depuis 2008. Certes, le rythme annuel de cette croissance est en baisse mais c’est en raison des mesures prises par les autorités pour lutter contre l’envolée des prix immobiliers, réduire la croissance de la dette et réorienter l’économie chinoise vers les services et la consommation.

Aujourd’hui, la plupart des observateurs, à l’instar du FMI, s’accordent d’ailleurs à dire que l’économie chinoise est stabilisée et que les risques pour sa stabilité financière ont diminué tandis que même avec un objectif de croissance annuelle réduit à 6,5%, par le gouvernement, l’économie chinoise devrait devenir la première économie mondiale d’ici à dix ans.

Perspectives de croissance à long terme

Conscientes de cette réalité, les autorités chinoises multiplient les initiatives pour consolider leur leadership économique, comme le redéploiement de la Route de la soie, qui est à nouveau opérationnelle puisqu’une nouvelle ligne ferroviaire permet aujourd’hui aux trains de marchandises de relier la Chine à la France en 15 jours alors qu’il en faut au minimum 30 pour un navire porte-conteneurs.

Pékin multiplie également les initiatives pour que son poids économique soit mieux reflété sur les marchés financiers. Ainsi, après des années de négociations, le renminbi a été ajouté en novembre 2015 au panier de devises servant de base aux droits de tirage spéciaux du FMI, lui conférant de facto le statut de monnaie de réserve. Par ailleurs, à partir de cette année les actions A chinoises seront intégrées graduellement aux indices MSCI EM, ce qui pourrait porter le poids de la Chine à plus de 40% au sein de ces indices d’ici à 2025, tandis que des développements similaires sont attendus au sein des indices obligataires.

Dans ce contexte, à l’heure où les valorisations limitent le potentiel de progression de nombre de marchés d’actions développés, la Chine, et plus généralement l’Asie, s’impose comme l’un des rares marchés à offrir des perspectives de croissance à long terme, et puisque le chien est le meilleur ami de l’homme, 2018 est peut-être l’année pour reconsidérer l’exposition de son portefeuille à ce marché.

© Andrew Caballero-Reynolds

Chroniques Finance Chine

Vincent Juvyns, stratégiste, J.P. Morgan Asset Management